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Marseille, du Nord au Sud  3 juin 2003 par Isabelle de Marseille
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C’est sous un ciel gris et humide que j’ai découvert les cambodgiens de Phare Ponleu Selpak, entre les hauts murs gris, eux aussi, de la Friche la Belle de Mai.C’est drôle, eux, ils sont pleins de couleurs, un peu abattus par le voyage mais un grand sourire aux lèvres. On les accueille avec les trois mots cambodgiens chopés sur le net, avec une prononciation qui a eu comme seule réaction un petit rire compréhensif ! La journée a été plutôt reposante : repas fait par Marie-Jo et Niquette (toujours excellent)dans la grande villa qui hébergeait tout ce petit monde pour une semaine...il faut dire qu’on avait prévu large, habituées aux compagnies ne dormant jamais à plus de 2 par chambre, puisque trois autres appartements étaient réservés. On fait glisser entre temps une petite interview d’un journal local...c’est le temps de la sieste.Le soir,petit apéritif de bienvenue avec toute l’équipe de Marseille dans la villa (bien investie déja par les enfants).

Mardi est la première journée de représentation, on a peur de la pluie qui risque de s’écrouler sur les enfants et le public. Montage super rapide, les technos de la friche épatés par tant d’énergie, filage qui à l’air de rouler, repas (toujours...), foot avec les jeunes de la friche (les marseillais peuvent aller se rhabiller)et préparation pour le soir. Finalement, la cour qui accueille le spectacle s’est remplie en une demie-heure, on place les plus petits devant, pas trop au bord, on n’a pas encore vu les secrets du spectacle. Hourra général, tout a eu l’air de s’être bien passé...je devine en sautant du haut de mon 1.58m entre les applaudissements. Soirée pizza et barbe à papa au four à pain, tout va bien.

Mercredi. Premiers ateliers, première galère dans les rues marseillaises, Elsa s’accroche à son volant pour nous amener à bon port. Les enfants sont nazes, on dort un peu sous le seul pin à côté du chapiteau en plein caniard. L’après-midi d’autres ateliers avec des jeunes amateurs, quelques beaux exploits au trempoline, un double salto un peu téméraire et Mhontom se retrouve en mauvais état. Je suis impressionnée par la façon qu’ont ces jeunes à maîtriser la douleur, je n’ai pas vraiment pu maîtriser mon stress. Heureusement, notre ami Daniel, osthéopathe zen de l’Estaque, à fait des miracles. Une nuit un peu agitée,Apra a mal au genoux, une deuxième visite le lendemain et les deux sont comme neufs.

Le jeudi a commencé tard, repos oblige. L’après midi, le spectacle se fait dans un grand parc au bord de la mer, il risque d’y avoir du monde. Tous les accros de cirque du quartier étaient là, et toutes les familles s’étaient données rendez-vous le même jour, l’ascension fait bien les choses. Tout se déroule à merveille, les coups de soleil se réveillent.Un petit retour aux sources s’impose, ce soir tout le monde va manger dans un restaurant cambodgien...le bonheur.

Vendredi, de belles rencontres sont au programme. La formation professionnelle de cirque à Marseille rencontre les toniques adolescents. Un échange instructif pour tout le monde qui concrêtise vraiment le sens de ce projet.L’après-midi, des ados de collège arrivent avec leurs grosses baskets et leur maillot de foot, ils ressortiront quelque peu médusés par ce que des jeunes de leur âge sont capables de faire.Il est temps de profiter encore du soleil jusqu’au soir qui se passera dans les calanques, les pieds dans une eau limpide au milieu des poulpes (j’avais mis plus de temps à les attraper à la main à leur âge !)

Dernière journée avant le départ, samedi se passe dans les quartiers Nord de la ville, une découverte fabuleuse : "la pagode" un véritable morceau de Cambodge en plein Marseille, des plats succulents (qui méritait qu’on fasse deux repas) un petit temple et ses bonzes lumineux, des sourires et encore des sourires, je redécouvre le bonheur du mélange des cultures de ma ville.Le soir, un petit centre culturel logé entre une caserne de pompiers et de hautes cités accueille les gens du quartier. Le spectacle est devenu presque intimiste, moins de monde que les jours précédents, on peu enfin voir le détail de chaque acrobatie et sourire aux gags des clowns sans se préoccuper de la gestion du public (souvent une obsession pour moi).

Dernier repas à Marseille avant de rentrer dormir. Les traits sont tirés mais les visages heureux, on échange nos adresses, quelques bisous volés aux derniers partants, je rentre avant eux, je n’aime pas trop les au revoir. Il ne me reste plus qu’à prendre mon billet pour le cambodge, qui sait quand je pourrais les revoir en France. Merci de m’avoir appris tant et permis d’être utile. Isabelle de Marseille

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4 juin 2003  

bravo Isabelle...des nouvelles fraîches !on veut des nouvelles fraîches !jean-chr, flemmard !!!bises à tous.......elZa

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