Voilà déjà plus de quinze jours que j’ai débarqué à Phare ...arrivée à Bangkok via Taipei, une bonne quinzaine d’heures de vol sur Eva Air, un service impeccable je dois l’dire, je suis à coté des cuisines, je suis impressionnée par le non-stop des hôtesses de l’air, on s’refait l’chignon toutes les 3 heures, un petit tablier pour le service bouffe, on l’enlève pour le duty-free, une ronde incessante couronnée par le fameux sourire asiatique...taxi jusqu’à la gare routière dans un anglais approximatif, beaucoup de circulation à Bangkok, ils roulent à l’anglaise,c’est étrange sous cette chaleur !là, la chance me sourit, il y a un bus qui va à la frontière Aran Proyet m’avaient dit Julot et Jean-Chr et qui part dans 10 minutes... je paye mes 164 baths et m’engouffre dans un beau bus de marque inconnue, les gens sont plutôt indifférents à ma présence, c’est plutôt agréable...6 heures de voyage, je découvre mes premiers paysages asiatiques, la ville d’abord puis rapidement la campagne, les petites villes... je suis tellement abasourdie que j’engloutis tout sans rien retenir...
A Aran, je rentre dans la première guest house venue, me prend une douche et me vautre dans sur mon lit jusqu’au lendemain matin 8 heures pour le fameux passage de la frontière... je négocie avec mon hôte pour qu’elle m’accompagne à la frontière et elle se charge de tout... la file pour les passeports, le coup de tampon, le pick-up qui va m’emmener jusqu’à Battambang... je traverse la frontière avec mon sac à dos, les 500 mètres de la voiture au pick-up sont épiques... du monde de partout des carrioles tirées par des enfants, des vieux, bourrées à craquer de ballots jaunis, déchirés, des gens qui vont qui viennent alourdis par des trucs des machins et encore des bidules, des rangées de moto-dop, le fameux taxi-moto un des seuls transport en commun urbain dans tout le Cambodge...je voulais me la faire à la cambodgienne, à l’arrière du pick-up, j’ai été servie :j’ai compris l’objet indispensable qu’ils portaient tous :le krama et rapidement j’ai sorti mon krama trop propre.une poussière omniprésente, insidueuse de toutes parts, un soleil violent qui tape, des odeurs pas toujours communes...emmitouflée dans mon bout de tissu je n’ai pas réussi sur ce coup-là à passer inaperçue. Au bout de 2 -3 heures de voyage coincée entre 2 mamies qui se tenaient à moi, immobilisation du véhicule, un embouteillage en pleine cambrousse !un truc inextricable avec 4 voitures en largeur dans tous les sens, on poireaute une bonne demie heure puis sur une parole du chauffeur que je ne comprends évidemment pas tous les gens sautent du véhicule, l’aide chauffeur empoigne mon sac, je le suis sur 300 400 mètres peut-être, je ne sais pas, tout le monde me regarde avec un grand sourire ou des yeux étonnés, les pick up qui débordent de gens enkramatés, il est 11 heures du mat et j’en prends plein la gueule....
Je comprends le pourquoi de ce galimatias d’engins,une traverse du pont a cédé, on ne peut plus passer qu’à un seul véhicule et aucun des chauffeurs ne veut transiger, personne ne bouge et tout le monde attend sans paroles hautes, s’activant à changer de véhicule pour gagner du terrain... on me place dans un autre pick up immobilisé mais j’ai passé le pont, j’ai gagné 1 kilomètre, tout va bien...ce 2ème véhicule vaut le détour... une bonne quarantaine de poulets attachés par les pattes 2 par 2, suintants, assoiffés et déplumés, des sacs transparents remplis de poissons encore remuants par soubresauts, un jus qui baigne dans le fond du véhicule... heureusement on repart après une intervention efficace de 4 policiers qui débloquent la situation en 3 4 coups de sifflets bien placés et une demie heure après on s’allège de la cargaison dans un petit village. C’est à mon tour d’être déposée 10 minutes après sur une espèce de place, des nuées de mains se battent mon sac, je dis « stop stop », le chauffeur vient à ma rescousse et me place dans ce qui devra être mon véhicule finale.un pick up qui n’arrête pas de se remplir de monde, qui n’arrête pas !on finit par être 28, 3 descendent 2 remontent et c’est une valse incessante,quand on veut descendre on frappe sur la carrosserie et c’est immédiat, pareil si on veut monter...encore 2 heures jusqu’à Battambang, arrivée dans la ville, une dizaine de moto-dop m’ont repérée, me disent moto-dop moto-dop en suivant la bagnole...
J’en choisis un qui m’a l’air le plus timide, lui dit « phare ponleu selpak » il me fait signe oui oui de la tête, me sort de la cohue, arrête ssa moto et me fait comprendre qu’il ne sait pas où on va.je lui répète Phare Phare ponleu selpak, lui écrit, veut sortir la carte de Det-ah tiens !je n’ai plus mon porte feuille...-,c’est la panique, si près du but...je lui dis « school,school »il m’emmène devant une école anglaise, montre le papier à une fille, elle lui dit en 2 mots, il fait « ah ! »,j’suis sauvée...il m’arrête devant un chemin de terre, je lui fais signe de continuer sans trop savoir pourquoi, et voilà la grille de Phare, ça ne peut être que là...des bâtisses blanches, des enfants de partout...je fonce tout droit devant, Shamraone m’aperçoit et c’est parti... Belle arrivée, tous les enfants de la tournée française arrivent,d’autres connaissent déjà mon prénom, émotion,émotion ...j’ai d’la chance, les Cousins sont là dans le cadre de leur tournée au Cambodge, c’est l’effervescence car les jeunes font leur première partie...
Les 4 jours de tournée à Siem Reap et Pnonh Pen ont été tellement intenses qui me faudrait encore des pages pour tout raconter, le lever de soleil sur Ankhor Vat ,le bateau Battabang-Siem Reap, le dortoir des filles et l’hôtel des Cousins,le marché, les spectacles...
Depuis des jours se sont passés à Phare, la mise en place de la confection costumes, le spectacle du Sida, les représentations à Phare de Ban Touy, le footing avec Vibol,...beaucoup de choses à Faire, les journées sont denses et sans répit, il fait chaud chaud chaud ,les gamins sont motivés et prêts à tout, c’est agréable, je n’ai pas le temps de penser, et ça c’est bon !suite au prochain numéro knuom chang yang bay...
Elsa
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> Le journal d’Elsa
20 novembre 2003, par AÏOLI, merci jcs, merci elsa, merci passeurs.net et que la suite arrive un jour ... l’haleine s’est rafraichie ! signé aïoli [retour au début] |