A Boumerdes, une petite pointe avance dans la mer comme une étrave de navire, et s’en prend plein la gueule des paquets blancs qui se succèdent à son assaut, explosant parfois jusqu’à vingt mètres de haut. Ainsi elle protège une bande de veinards qui ont construit leurs maisons à l’abri des tempêtes, mais aux premières loges de l’immensité.
Sur le promontoire, les maisons sont serrées comme un troupeau de moutons en hiver, les ruelles sont étroites et escarpées, le bleu méditerranéen se décline en camaïeux insensés sur le blanc pétant des façades au soleil du matin. C’est un petit bout du monde, un endroit où se poser est une évidence, libéré du besoin épuisant de toujours vouloir faire quelque chose, avancer pour aller quelque part.
La mer en impose beaucoup plus que ça
Hier, spectacle à Bordj Menaiel, dans ce qu’on appelle des conditions difficiles. Une situation déjà vue et courue d’avance, trop d’enfants, ceux du fond qui ne voient pas bien tentent de se rapprocher, bousculades, énervements, pas d’adultes pour calmer le jeu avant que ça ne dégénère, l’attention fout le camp, notre relation au public s’étiole, le spectacle rame quelques minutes le temps que les choses se tassent.
La tentation serait grande de sortir l’artillerie lourde d’une sono- mégawatts, du spectaculaire efficace à outrance qui ne fait pas dans la finesse, mais qui fait résonner à la fin les applaudissements comme un armistice.
Sauf que non, non et définitivement non. Il est aussi possible de demander aux enfants un effort d’attention, de les emmener dans leur imaginaire à travers des petites choses sincères qui seules peuvent déclencher l’étincelle, ouvrir une petite porte dans la tête, passer de la consommation du spectacle « qui marche » à une rencontre fine avec un univers infini de liberté et de rêve. Et fragile certes.
C’est un choix, une tentative qui ne marche pas à tous les coups, on en était sans pas très loin hier.
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> La mer en impose plus que ça
8 novembre 2004 Je trouve votre article très touchant. Je ressent une grande sincérité et un effort certains à faire rire tous ces jeunes. Votre persévérence à faire de jolies choses sera récompenser, il ne faut pas baisser les bras. cette jeunesse vie dans la frustration et la violence du quotidien. Un dialogue doit être établit avec eux, cela peux prendre du temps, mais leurs rires résonnerons un jour tellement fort, que leurs échos seront transporter à travers la mer, bruyante et agitée, et tout le monde saura à quel point les choses simples de la vie ne demandent qu’à être vécus. Bonne continuation. [retour au début] |