Vendredi 21 janvier 05
23 janvier 2005 par Barbara Boichot
Aujourd’hui beaucoup de choses : Alexandre ne travaille plus avec nous, il est menacé de mort par une bande et le spectacle étant ouvert à tous et gratuit, la directrice ne veut pas prendre le risque et lui interdit donc de sortir. C’est terrible, lui qui n’arrête pas de parler de fuir dans son journal, j’ai peur que cette histoire le motive un peu trop. Du coup il n’était pas à l’atelier hier, et je n’ai pas réussi à le voir pour lui parler. Il faut absolument que je le vois lundi. Dans sa tête d’ado, ça doit être très dur et je pense que vu comme il était impliqué dans le travail, il doit avoir la haine.
J’ai récupéré en plus d’Elvis, Léocadio qui est revenu. Mais comme il avait disparu depuis une semaine, la présence de Sué l’a un peu perturbé et du coup, durant certaines scènes, il en profitait un peu pour tripoter. J’ai donc du commencer ma répétition par une petite mise au point avec les garçons. En leur expliquant que toutes les femmes du monde sentait la différence entre être touchée affectueusement, amicalement, professionnellement, et être touchée vicieusement… Je leur ai également dit que je savais à qui je m’adressais et que ceux à qui je m’adressais savaient que c’est à eux que je parlais. Ils étaient tous « petits » et pas très fiers… Léocadio me regardait en faisant oui de la tête, et durant toute la répétition, ils mettait une distance entre lui et Sué. Pour éviter la tentation, je suppose. J’ai également expliqué à Sué que les pauvres, c’est comme s’ils n’avait pas mangé depuis un mois et qu’on leur mettait un sandwich devant le nez sans aucun droit d’y toucher.
Premier public également, au moins 8 personnes, les enfants avaient un trac fou, mais ils se sont très bien comportés.
Lundi dernier jour à la prison, ensuite théâtre toute la semaine.