Ce voyage et carnet de route se terminent aujourd’hui, merci à celles et ceux qui l’ont rendu possible, c’était un petit pas sur un chemin, sans doute long et tortueux, mais qui existe. J’espère que d’autres l’emprunteront à leur manière tellement il a besoin d’être parcouru.
Derniers spectacles hier, et notamment dans un centre associatif pour enfants très malades. Ça respire la vie ici, beaucoup de disponibilité de tous, adultes et enfants, le contact est immédiat et la rencontre est aussi forte que sincère. Beaucoup de rires ensemble, des surprises de part et d’autre, et je repense au dernier spectacle à Gaza qui avait généré cette même magie. Ça réchauffe. A l’issue du spectacle, je fais la connaissance d’un vieux monsieur qui a appris tout seul à sculpter des ballons, et qui passe sa retraite a faire des animations bénévolement pour les enfants. Il me dit qu’il a toujours quelques ballons dans la poche pour quand il croise un enfant qui pleure dans la rue. Son regard et son sourire sont généreux et convaincants, il me semble qu’on fait le même métier.
Le soir, je suis invité à une cérémonie de fiançailles dans une famille juive ultra orthodoxe, qui habite dans le quartier fameux de Mea Shearim, habite exclusivement par des religieux. Très impressionnant, leur vie entière semble consacrée à leur religion, ils ne font pas de politique, beaucoup ne travaillent pas pour exclusivement étudier la Torah. Du coup leurs conditions de vie sont plus que précaires. La famille qui invite ce soir vit à 9 dans un appartement de 30m carrés. Il y a une quarantaine d’invités, la fête déborde largement dans la rue, la nourriture est pléthorique malgré les très faibles revenus. L’impression d’une vie menée dans une bulle. Puis rediscussion avec des religieux sur la situation ici. Toujours la même difficulté à parler de la Palestine, tellement nous avons des informations et des visions différentes. Et puis entrer dans le jeu de qui a tort, qui a raison, qui a commencé, qui a fait quoi, ça ne mène à rien, il y a de part et d’autre des centaines de faits reprochables. Non, le dialogue entre les deux parties doit trouver un départ ailleurs, pas dans le conflit, et surtout pas dans la PEUR.
Retour à la maison dans quelques heures, le temps de fouiner certains détours de la vieille ville. Plus je m’y promène et plus je m’y sens bien. Sous quelle influence ?