Il y a une grande gêne de la part des australiens à parler des aborigènes, parce qu’ils sont conscients de leur avoir piqué leur pays. Les traces les plus anciennes des aborigènes datent d’il y a 40 000 ans. Ils ont la particularité, comme d’autres "indigènes" (par exemple les indiens d’Amérique) de totalement baser leur vie sur l’harmonie avec la terre, la nature et les éléments.
Penser qu’ils se sont faits piquer leur terre, il y a à peine 150 ans.
Depuis, ils ont appris beaucoup, et sont en train de se regrouper avec les indigènes d’autres continents, comme les indiens d’Amérique du Sud et du Nord, avec lesquels ils partagent la même philosophie de vie. D’aucuns d’entre eux se sont mis à étudier comme des furieux, s’appuyant sur le droit et l’argent, pour se défendre avec les moyens qu’ont employés leurs envahisseurs. En ce moment, en Australie, comme au Canada, ou aux Etats Unis, des terres reviennent petit à petit à leurs réels propriétaires. Ils ne sont pas un peuple belliqueux, n’ont donc aucune motivation vengeresse, mais veulent juste se réapproprier les terres qui sont toute leur culture. Le phénomène est lent, mais bien en marche. Ils se sont servis d’abord des réserves où on les avait parqués, en montant des casinos (interdits ailleurs) pour attirer l’argent en s’appuyant sur l’un des vices humains : le jeu. Puis, ils ont monté une sorte de trust, s’appuyant sur la solidarité entre toutes les communautés indigènes. Et l’aventure se poursuit.
Les aborigènes connaissent la nature comme leur poche. On m’a conté l’histoire d’aborigènes, au volant de vieilles bagnoles, réparant avec ce qu’ils trouvent dans la nature, toutes les pannes possibles et inimaginables. Par exemple, un pneu crève, ils enlèvent la jante et remplisse le pneu avec une sorte de plante d’où jaillissent de grandes piques. Puis, ensuite, ils injectent de l’eau dans le pneu parce que cette plante gonfle lorsqu’elle est mouillée. La bagnole repart ensuite pour 300 bornes. De même, ils ont trouvé un bois très dur pour remplacer les disques de frein.
Il y a une partie des aborigènes qui est laissée à l’abandon. Ce sont ceux qui sont imbibés d alcool. Ça les rend dingues. Imaginez un peuple, dont aucun ancêtre n’a de trace d’alcool, n’en a jamais eu. Le corps en prend un furieux coup. C’est leur cas, comme ça l’avait été pour les indiens d’Amérique.
Mais ce n’est pas le cas de tous les aborigènes ! Loin s’en faut.
Par contre, ils subissent une sorte de méfiance de la part des australiens : par exemple, pour les jeux de Sydney, les aborigènes vivant dans la ville avait été raflés et envoyés dans le Nord (4 à 5000 bornes de là) pour que la "ville soit propre". C’est bizarre vraiment, parce que les australiens se sentent coupables, mais avancent très doucement sur le sujet.... Le pays est tellement neuf.
Tout ça est un peu raccourci, mais bon... ça donne une petite idée !
JLuc