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Aïjan et Torgun sont en goguette  2 septembre 2008 par Christine Jakubowicz
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Depuis sa belle Audi blanche, Torgun, stationné dans le village de Kadji-Saï, nous voit arriver. Nous redescendons de la montagne, à pied, après six heures de marche.(JPEG) A l’aller, Nuriltek nous a suivis, accompagnés, attendus, pour caler le pas de son äne sur le nôtre. Il remontait chez lui après être allé vendre le lait-de-la-vache. Il parle très peu le russe, mais nous apprend quelques mots de kirghize sur le trajet, tandis que nous ergotons sur l’intérêt de quitter les sentiers touristiques. Cela ne nous empêchera pas de rencontrer un couple - américains ?- au retour.

Nous doutons cependant qu’ils bénéficient comme nous du thé que la famille de Nouriltek a déployé devant nous : pain, beurre et confitures maison, son tchaï au lait-de-la-vache, qui nous réconfortent et nous touchent autant que leur acccueil enthousiaste. Une petite séance de photos suit, le père et le fils, la jeune fille de la maison, tous réunis avec moi sur la photo, puis les hommes ensemble, Nuriltek avec le veau et Nouriltek avec l’âne.

Trois heures plus tard, sous une légère bruine, fourbus, nous aurons croisé plusieurs équipages à cheval ou à dos d’âne, portant qui un mouton - dont nous jaugeons qu’il ne passera pas le 31 août*, qui les emplettes du jour. Nous montons dans l’Audi blanche rutilante, aussi étrange qu’une soucoupe volante sur la place du village, dont routes et bâtiments n’ont pas résisté à l’Indépendance. "Vous êtes nos invités", clame Torgun en clignant de l"oeil à Aïjan. Elle sort une bouteille de vodka de son sac en jetant un coup de pied dans un flacon vide qui roule sous le siège avant. "D’où venez-vous ? Où êtes-vous hébergés ? Est-ce qu’on boit en France aussi ?".

Anticipant sur la fête nationale qui a lieu demain*, ils font tourner un verre où nous buvons à tour de rôle - deux fois de suite - tandis qu’Aïjan découpe quelques tranches de saucisson qu’elle nous tend avec un morceau de brioche. Za zdarovié ! Nous descendons tout héberlués devant la porte de notre pansionnat, tandis qu’ils repartent vers nous ne savons quelle joyeuse destination.

*31 août 1991 : déclaration de l’indépendance du Kirghizstan, jour de fête nationale depuis.

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