Jeudi 29 janvier
1er jour à Luang Prabang (2ème ville du Laos après Ventiane, la capitale), au programme, découverte des rues de la ville et 1ers repérages. Nous nous sentons très à l’aise et prenons rapidement nos marques. Les Laos sont très souriants, et malgré un régime communiste cela ne se ressent pas pour l’instant. Pas de militaires, pas de policiers à chaque coin de rue, en apparence.
Nous faisons connaissance avec Yves et Dear, qui feront un bout de chemin avec nous. Yves est français et a monté un projet de cinéma itinérant au Laos : Cinéma TukTuk. Il parcourt les villages du Laos et fait des projections de films des années 30 en noir et blanc. Dear est laotien et assiste Yves.
Ce matin nous partons à 2 en repérage à l’orphelinat, accompagnées par Yves et Dear. Leur aide sur place nous est précieuse. Ici rien ne se passe sans autorisation. Pas besoin de préciser à quoi ressemblent l’administration lao et les démarches auprès des autorités. Un représentant de la direction nous accueille dans un bureau, le visage figé. L’ambiance y est pesante : aux murs des portraits d’officiels.
Yves présente le projet PakPak avec à l’appui affiche, dossier mais c’est l’autorisation qui aura le plus d’impact. Au final nous viendrons jouer demain à l’occasion d’une fête qui réunira les 400 enfants et les proches voisins du quartier mhong.
A la sortie du bureau, Yves nous donne quelques détails les conditions de vie à l’orphelinat : 400 enfants, dortoirs rudimentaires, lever à 5h00 suivi du travail au champ, cours, repas à 17h00 (l’unique repas de la journée constitué d’une boule de riz modelée dans leurs mains, pour la manger, certains la tiennent en main, d’autres la mettent dans leur petit panier).
Vendredi 30 janvier
Nous attaquons la journée à 8h30. Départ des déambulations sur le marché mhong, pendant que les spectacles fixes se rendent à l’école Montessori.
Les Nikis arrivent en Tuk Tuk : attroupement immédiat et arrivée de la police. Il faut rester sur les trottoirs et avancer vite. Déambulation dans les petites allées du marché. Malgré les recommandations faites sur le peuple lao concernant le toucher ou étant tout en retenu, nous réalisons au fur et à mesure du jeu, que l’approche se fait naturellement. Il y a beaucoup d’échanges : on recoiffe, on sécurise, on embrasse, tous fidèles à nous-mêmes.
Les Laos sont réservés au départ, des sourires se lisent cependant sur les lèvres tout en se questionnant sur ce que font ces « falang » (français/ blancs) ! , mais très vite ils sont rassurés, se laissent approcher et se prennent à nos jeux, pendant que d’autres restent imperturbables et continuent à vaquer à leurs occupations.
Nous découvrons sur les étals les spécialités locales, telles que rats, crapauds, serpents et chats séchés...les animaux sont sous toutes les formes : vivants, séchés voir même de race inconnue chez nous !.
Nos premières prestations se terminent sous l’œil attentif du représentant du Ministère de la Culture, dixit « l’œil de Moscou » !.
L’après-midi est consacré à l’orphelinat. L’accueil, l’énergie emmagasinée du matin retombe. Les conditions ont changé. Le nombre d’enfants présents a fortement diminué. Nous apprenons que les autres enfants n’ont pas accès à la partie du site où se déroule entre autre tournoi de pétanque et bal populaire, un officiel de l’orphelinat veille... Notre venue suscite par contre la curiosité toute en retenue des enfants. Ils se regroupent devant les loges. Une séance de grimage est lancée. Les enfants, impressionnés, ne se pressent pas devant l’invitation, mais finalement quelques uns se laissent tenter. Le contact ne se fait pas d’emblée, leur regard en dit long, ici on se plie aux règles et à la discipline, pas de débordement.
A la tombée de la nuit, Yves nous projette des Mickeys des années 20, ainsi qu’un film de Oliver Hardy et Buster Keaton. Filles et garçons s’installent de leur côté, applaudissements et éclats de rires sont au rendez-vous. On ne se laisse pas perturber par le bruit du bal populaire qui bat son plein juste à côté.
Dimanche 01 février
Nous participons à un Baci, cérémonie de bénédiction donnée par un prêtre et une petite dizaine de personnes, qui nous attendent assis sur des tapis, ainsi qu’un phakouan, plateau garni d’offrandes : cierge, gâteaux de riz et de cornets de Champa (fleurs oranges, symbole du Laos), et de l’alcool de riz. Cette cérémonie appelée aussi Soukhouan (appel et réception de l’âme) a pour but de nous porter chance et santé tout au long de notre voyage et afin que nos projets se réalisent. Chaque personne reçoit plusieurs petits fils de coton sur chaque poignet, que nous garderons 3 jours ainsi qu’un petit verre d’alcool de riz. Nous passons un agréable moment, et à notre tour, nous leur offrons un petit moment musical et dansant. Le sourire est sur toutes les lèvres.
Par Sandrine Legrand et Claudine Peruzzi