Nous contacter
Liens
Passeurs > Burkina Faso > Chroniques
Article précédent Article suivant
5ème chronique  3 janvier 2003 par Jean-Luc Prévost
Zoom texte

On enchaîne les étapes... Après les affres motocyclistes des premiers jours, on continue étape après étape, toujours reçu par les groupes de musique locaux. Hier au soir après 180 km de piste, la petite ville de Dori nous a fait une super haie d’honneur à notre arrivée. EXTRA-ORDINAIRE ! !

Du coup, aujourd’hui, ou l’on avait enfin prévu notre premier jour de congé, on fait une sortie en déambulatoire à 17h et un spectacle fixe à 20h, encadré par deux groupes (en général un traditionnel et un plus moderne).

L’accueil est vraiment incroyable, puisque cela faisait 3 jours que le village nous attendait à son entrée, chaque après-midi (et pourtant ils en connaissaient la date). Nous sommes en pleine région « Peul », aux portes du Sahel. Les gens sont magnifiques, notamment les femmes habillées avec des tissus incroyablement lumineux et chamarrés : c’est un ravissement des yeux, et on ne se lasse pas une seconde de ce qu’on vit et voit.

Les gens sont touchés par la nouveauté de ce qu’ils voient, et si nous n’avons aucune prétention humanitaire, ni un message à faire passer, le fait de laisser des images, des étincelles dans les yeux des petits comme des grands, nous donne ce minimum de joie.

Et je ne parle pas de tous ces villages sur la route ou nous nous arrêtons, ou Gilles sort son accordéon, Boubouche, sa guitare ou sa scie musicale, ou Steff fait une cascade de moto, ou Kéké fait chanter les enfants et ou toutes les mains s’agitent pendant la petite heure ou nous sommes là.

Ce qui nous paraît plus bizarre encore, c’est de s’apercevoir que nous sommes une attraction même en civil. Les gamins restent de longues heures à nous regarder nous changer dans les coulisses, à nous voir charger ou décharger les camions. Les « ça va ? » sont partout, sans attente de réponse, et on essaie de vous serrer la main (Chirac pourra toujours se recycler, lui qui adore ça). «  Bonne arrivée », c’est aussi les mots qu’on entend le plus. Super ! Tout le monde se salut tout le temps. Sur la route, des champs, ou des autres véhicules, les bras se lèvent à leur ou notre initiative, et entre eux également. Sourires, rires, tout le temps, c’est dingue et fabuleux.

Du coup, lever tous les matins entre 6h et 7h30 et coucher toujours tard, l’infirmerie ne désemplit plus : brûlure avec le pot d’échappement, bras en écharpe après une chute, gastro carabinée, infection urinaire, insolation, il n’y a plus de jour sans baisse de tension.

La suite dans un instant

Haut de la page