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Premier filage public, et en route  4 décembre 2002 par Marik Kieffer
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Nuit de sommeil réparateur ; réveil matinal, on commence enfin à pouvoir apprécier notre environnement : nous logeons dans une petite maison entourée d’herbe et de fleurs, entourés de frangipaniers, papayers, eucalyptus et autres senteurs et couleurs... caméléon et serpents (noir et rayé de jaune vif) juste devant notre porte... et les zébus juste en face ...

C’est un havre de paix, et un contexte idéal pour pouvoir répéter... on s’y met dare dare. Filage prévu à 11 H devant les enfants du centre qui trépignent d’impatience !

Marco s’est occupé de faire fabriquer une petite estrade par l’atelier de menuiserie (géré par frère Paul), elle est super belle (un peu lourde !) et tout l’atelier s’y est mis pour la finir pour 11H.

Très bonne ambiance pour notre filage en public devant 250 gamins en liesse. On est encore un peu à la recherche de nos marques, mais le spectacle fonctionne. Rajery et les musiciens devaient assister au filage, mais ils arrivent une fois que tout est remballé, dommage ! ... mais aussi, besoin de recaler les choses avec eux... ça fait 2 rendez-vous de suite où ils arrivent avec une heure de retard ... Repas au réfectoire avec les enfants... alors là c’est carrément la foule en délire... Carole va finir par prendre la grosse tête... Distribution de nez pendant le repas. Belle image que tous ces nez rouge vif pointés vers leur bol de riz blanc !

Tout de suite après le repas : départ pour Ambositra. Rajery part de son côté (il a sa propre voiture) ... et fixe rendez-vous sur la route à nos chauffeurs... pourvu que ce ne soit pas encore un rendez vous manqué... je remets les pendules à l’heure avant leur départ.

Quelques heures de route, découverte du paysage : les rizières vertes fluo en contraste avec la terre d’un rouge intense, et les tissus colorés des lambas portés par les femmes. Sur le bord de la route, des étalages en petites pyramides de carottes, de pommes de terre... ou encore un lapin que le jeune vendeur brandit en le tenant par les oreilles sur notre passage.

Arrivée à Ambositra à la nuit tombée... au Centre de soins pour Handicapés physiques, mentaux et lépreux : Akanin’ny Marary. Super accueil d’Antoine (espagnol). Nous étions attendus à 8 et que nous arrivons à 15 ! Qu’à cela ne tienne, on nous offre un somptueux repas qui est l’occasion des premiers vrais moments d’échanges et de présentations entre les clowns et les musiciens malgaches. Tous réunis autour d’une grande tablée, les discussions vont bon train, les blagues anecdotes et éclats de voix se font entendre, l’équipe se découvre et se construit, prend forme petit à petit.

Répartition de l’hébergement pour les 7 malgaches et les 8 wasahas... les malgaches choisissent de dormir tous dans la même chambre, ils ont surtout envie de jouer de la musique... mais nous sommes dans un hôpital ! Antoine m’assure que ça ne gène en rien les malades, malgré l’heure tardive, mais un wasaha logeant dans la chambre voisine, n’est pas de cet avis... il voudrait pouvoir dormir lui ! Qu’a cela ne tienne... on va dehors.... Sous les fenêtres... les musiciens entonnent des chants magnifiques, Assi et Arri sont de la partie, et je les découvre sous un jour nouveau. Ils sont profondément eux même quand ils chantent, ça fait plaisir à voir. Quelle pureté dans ces voix envoûtantes, on tombe tous de sommeil, mais personne ne peut se résigner à aller se coucher et les malgaches sont intarissables dans leur répertoire. Cette soirée magique, sous une voûte étoilée est annonciatrice d’une belle et riche aventure humaine, et nous laisse tous un souvenir chaud et impérissable. Nous nous couchons encore bercés par les douces mélopées malgaches.

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