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Baasi t’a la Cet article a été publié le 20 février 2009 par Barbara Boichot dans la rubrique Mali L'aéroport de Bamako c'est une piste au milieu de rien. La terre rouge et le tarmac. L'adjudant des douanes connaît bien Soloba, le maire de Kita Ouest, alors il nous fait passer... Dehors Moussa nous attend avec un large sourire et nous traversons la capitale, c'est la première grande claque. Il fait chaud, 35 degrés affiche le thermomètre du taxi. L'air est chargé de poussière, de gaz d'échappement. La fumée s'échappant des tas de plastique imprègne mes cheveux. Les enfants tendent leurs mains sur notre passage et font sonner leurs boites rouillées. Puis nous marchons le long des grandes avenues. Les flics en tenue jouent de leur sifflet, personne ne les entend. Mohamed « One Love » avec son tee shirt Bob Marley glisse dans ma main un petit sachet, 5000 francs ça fait cher le verre de thé. Ici plus que nulle part il va falloir que j'apprenne à dire NON. Je risque ma vie à chaque fois que je traverse la route. Des femmes sur le trottoir derrière des carcasses de pneu font frire des beignets aux oeufs, des têtes de poisson. A chaque coin de rue un môme tend des cartes orange, des paquets de Craven A, des lunettes de soleil. Les femmes sur leur mobylette made in China. Les tap-taps verts et jaunes avec écrit « Dieu Merci » sur le devant, foncent dans les ruelles du marché où s'entassent cartons, sacs de ciment, ferrailles en tout genre et sachets de cacahuètes. Partout le bruit, la lumière opaque fait brûler mes yeux. Les cabanes le long des routes pour se faire faire des tresses, cirer les pompes et boire un thé. Partout les odeurs d'asphalte brûlant. Dans les regards la souffrance et la joie. Baasi t'a la. Le minibus nous amène à kita sur une route qui traverse camps militaires et petits villages de brousse. Les cases comme dans les livres pour enfant. Les vaches aux longues cornes, les boucs assoiffés. Des arbres secs ou vigoureux, les flamboyants, eucalyptus, des troncs gris et nus ornés de fleurs oranges. La pierre, l'herbe jaune. Et la poussière. Encore. Je suis à Kita. Je m'endors au son des grillons et des oiseaux de nuit. Des chants incroyables jamais entendus. Dehors Brahima fait murmurer son sokun. Je partage un verre de thé seul avec lui un sourire collé sur les lèvres. Baasi t'a la. Nico Pour en dévouvrir plus sur ce projet : Baasi t'a la |
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