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Accueil du site > Burkina Faso > Les images que j’aurais pu faire

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- Surimpression 5 janvier 2003
Les bâtiments du dispensaire de Gorm-Gorom ont chacun un nom : la consultation, la maternité, le bloc-opératoire (inutilisable), la pharmacie, la pédiatrie, la gériatrie, la bibliothèque. Tous ces bâtiments se ressemblent puisqu’ils sont vides. A quoi sert alors le nom ? Pendant ce temps-là à Gorom, un jeune homme meurt d’un calcul qui descend du rein à la vessie, un enfant meurt petit à petit de faim parce que sa mère devenue folle refuse de le nourrir et il est impossible de trouver du lait en poudre. Dans la (...)

- L’instant juste après l’émeute ... 3 janvier 2003
L’émeute que vient de provoquer un facteur qui, de son sac, a lancé des nuées de sourires dessinés sur du papier. Il doit être environ 5 heures, heure à laquelle on peut distinguer les rayons rasants du soleil. Des gamins courent de partout, soulevant des nuages de poussière dans les rues de Dori. Les petits papiers s’échangent ,s’arrachent des mains. La course continue. Dans cette apocalypse, je cherche à faire une photo en contre-jour, mais je n’arrive pas à me focaliser précisément. Et puis un arbre dont le (...)

- Trois d’un seul coup ! 31 décembre 2002
29 déc 02
Une école primaire, comme l’indique le panneau en bois. Bâtiment solitaire en bord de route, au milieu de nulle part (ni devant, ni derrière). Le patron s’appelle St Augustin, dit le panneau. Les murs ocres se fondent à la terre. Autour l’immensité du ciel ; quadrillée non plus par des fils électriques mais par des arbres au large tronc. Des enfants jouent à la marelle à l’ombre de l’un d’entre eux. Dans le même temps ou j’allais appuyer sur mon appareil, ma mobylette à laquelle je suis liée (...)

- L’image que j’aurais pu faire entre l’impériale mairie ... 27 décembre 2002
... et la bourse du travail, bâtiment aux volets clos dont l’ombre est squattée par des dormeurs, serait les gestes attentifs et vigilants d’un jeune "mobyliste" qui tente de transporter avec douceur Mario qui vient de s’installer sur le porte-bagages. Les pieds bleutés se ont soulevés du sol et la mobylette avance tranquillement. Sans précipitation - jamais- les gens laissent un étroit passage et regardent avec attention les mains grandes et légères qui entourent l’homme qui (...)

- L’image que j’aurais pu faire à travers la poussière ... 26 décembre 2002
... et les derniers rayons de lumière, ce sont les visages des femmes de Toukoro t les yeux aussi violemment ebahis que rieurs lorsqu’elles observaient une démonstration des trois cupidons pilant le mil. Un petit saut de l’ange dès que le "pileur" soulève le pilon. Chacun des cupidons a montré sa méthode. Derrière les portes en tôle métallique, des enfants camouflés parceque terrifiés.

- L’image que j’aurais pu faire dans les rues de Bolomakoté 25 décembre 2002
serait une charrette chargée de choux et tirée par deux ânes s’en allant tout seuls parceque le petit gars qui tenait une corde en guise de harnais a sauté de sa charrette dès qu’il s’est senti suivi par les trois big brothers. Ensuite on aurait dit que les bigs essayaient de rattrapper la charrette comme pour se faire pardonner. Evidemment, plus ils s’approchaient, plus les ânes s’en allaient plus (...)